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L’attestation de déclaration préalable de détachement, c’est l’accusé de réception que délivre SIPSI une fois la déclaration transmise. Vous accueillez des intérimaires roumains ? Ce justificatif prouve la transmission de la déclaration par l’employeur, pas la conformité de tout le détachement, et son absence vous expose à des sanctions.
Qui déclare un détachement en France ?
La formalité appartient à l’employeur, pas à l’entreprise qui accueille les salariés. Encore faut-il savoir qui est réellement l’employeur et quelle opération il réalise. Ces deux points décident de tout le reste.

L’employeur et les salariés concernés
L’employeur établi hors de France transmet la déclaration préalable de détachement à l’inspection du travail compétente, avant que ses salariés ne commencent à travailler sur le territoire français. La formalité concerne uniquement les salariés. Les travailleurs indépendants n’en relèvent pas.
Le sens inverse n’entre pas dans ce cadre. Une entreprise française qui envoie ses équipes à l’étranger n’utilise pas SIPSI : elle doit regarder les formalités du pays d’accueil.
Les opérations à déclarer avant la mission
Le détachement transnational recouvre trois situations distinctes : la prestation de services, la mobilité intragroupe et la mise à disposition par une entreprise de travail temporaire étrangère. Chacune a ses propres mentions déclaratives. Les conditions pour un détachement de salarié ne dépendent pas seulement de sa nationalité. Elles tiennent aussi au lieu d’établissement de l’employeur, à la nature de l’opération et aux modalités du détachement en France. En intérim, l’agence étrangère reste l’employeur et déclare ses intérimaires avant leur mise à disposition.
Les dispenses de déclaration préalable
Le Code du travail prévoit une dispense pour les salariés envoyés en France pour le seul compte de leur employeur. Certaines prestations courtes ou liées à un événement ponctuel en bénéficient aussi : artistes, sportifs, chercheurs ou enseignants qui interviennent lors de manifestations scientifiques, dans les conditions et limites de durée fixées par les textes.
Une dispense ne règle pas tout. Elle porte sur la déclaration préalable, pas sur les autres obligations du détachement, qui restent dues.
Que prouve l’attestation SIPSI ?
Le terme d’« attestation » prête à confusion. Il désigne un justificatif précis, avec une portée limitée. Bien la cerner, c’est éviter de vous croire couvert alors que vous ne l’êtes pas.

La déclaration et son accusé de réception
SIPSI, ou « Système d’information des prestations de service internationales », est le téléservice du ministère du Travail qui reçoit les détachements relevant de son champ.
Il faut y distinguer deux pièces. La déclaration de détachement transmet les informations sur l’employeur, les salariés et la mission. L’accusé de réception, lui, est délivré après l’envoi.
Cet accusé est ce que l’on appelle couramment « attestation SIPSI » ou attestation de détachement. Il prouve une chose : la déclaration préalable au détachement a bien été transmise. Il ne prouve pas que tout le détachement est conforme.
Ce que le justificatif ne valide pas
L’accusé de réception n’est ni une autorisation de travail ni une autorisation administrative générale. Il ne montre pas non plus, à lui seul, que la rémunération, la sécurité sociale et les conditions de travail sont conformes.
Il n’existe pas non plus d’attestation unique valable pour tous les travailleurs détachés. Certaines situations du transport, par exemple, relèvent de documents ou de systèmes déclaratifs spécifiques. Depuis le 1er juillet 2026, ainsi, les conducteurs détachés sur véhicules légers pour certaines prestations internationales relèvent du système européen IMI.
Les documents qui ne le remplacent pas
Le formulaire A1 indique la législation de sécurité sociale applicable au salarié. Il ne prouve en rien que la déclaration a été transmise.
Même logique pour un contrat de travail, un document de mission ou un brouillon SIPSI resté non transmis. Aucun ne vaut accusé de réception. Exigez la bonne pièce.
Comment transmettre la déclaration SIPSI et obtenir l’accusé ?
La démarche se fait en trois temps : préparer, transmettre, vérifier. Chaque étape prépare la suivante. Si une étape est bâclée, votre justificatif ne vaut plus grand-chose lors d’un contrôle.

Préparer le formulaire adapté à la mission
L’employeur étranger ou son mandataire choisit sur le téléservice la procédure qui correspond à l’opération. Pour de l’intérim, il s’agit de la déclaration spécifique aux entreprises de travail temporaire. Avant de commencer, il réunit les informations sur l’employeur, l’entreprise utilisatrice, les salariés, les lieux, les dates, l’activité et la sécurité sociale.
- L’employeur intérimaire : son identification juridique et fiscale, avec son organisme de garantie financière ou l’équivalent admis.
- L’entreprise utilisatrice : son identification complète.
- Chaque intérimaire : identité, qualification, emploi, rémunération horaire applicable en France, dates prévisionnelles et lieux de travail.
Transmettre puis télécharger l’accusé
La déclaration SIPSI se transmet en ligne, avant le début de la mission. Le formulaire peut être rempli en français, en anglais, en allemand, en italien ou en espagnol.
Elle désigne un représentant en France pour toute la durée du détachement. Elle indique aussi ses coordonnées et le lieu de conservation des documents de contrôle, ou la façon d’y accéder depuis la France.
Une fois la déclaration envoyée, l’employeur télécharge l’accusé de réception généré par SIPSI et le garde. Pour savoir à quoi il ressemble, le ministère du Travail publie un modèle PDF dans la rubrique « Documents » de sa page consacrée au téléservice.
Vérifier et actualiser le dossier
Comparez l’accusé avec la mission réelle : employeur déclarant, salariés, entreprise utilisatrice, lieux et dates. Si les dates changent, la déclaration se modifie sur SIPSI. Si la mission est annulée, elle s’annule. En cas de prolongation, de remplacement ou de changement de lieu, vérifiez quelle démarche s’impose.
Vous ne trouvez plus l’accusé ? Cherchez la déclaration dans le compte SIPSI. En cas d’échec technique à l’envoi, un brouillon ne vaut pas déclaration : gardez les traces de l’incident et contactez l’assistance.
Que vérifier dans l’entreprise française d’accueil ?
Ce n’est pas vous qui déclarez. Vous avez pourtant des contrôles à faire. Votre vigilance en amont vous protège, organise l’accueil des intérimaires et vous permet de répondre lors d’un contrôle.
La vigilance avant le détachement
Le donneur d’ordre ou le maître d’ouvrage doit obtenir le justificatif de déclaration de son cocontractant étranger avant le début du détachement. S’il ne le reçoit pas, il peut devoir faire lui-même une déclaration subsidiaire sur SIPSI dans les 48 heures suivant le début du détachement.
Cette vigilance couvre aussi, selon la chaîne de contrats, chaque sous-traitant direct ou indirect et les agences d’intérim qui détachent leurs salariés. Réclamez une copie de l’accusé à chaque niveau.
Les obligations propres à l’intérim accueilli
Mettre des intérimaires détachés à votre disposition ne fait pas de vous leur employeur. Vous gardez toutefois vos propres obligations de vérification et d’accueil.
Vous annexez les déclarations de détachement à votre registre unique du personnel et vous y inscrivez les intérimaires concernés. Leur prise en compte dans vos effectifs suit les règles applicables. Vous respectez aussi les règles françaises sur les cas de recours à l’intérim, les contrats de mission et de mise à disposition et les conditions de travail.
L’article L. 1262-2-1, V, du Code du travail vous impose d’informer l’employeur étranger des règles de rémunération applicables pendant la mission en France. Le taux horaire déclaré ne suffit pas à prouver que le salaire versé est conforme.
Les pièces disponibles en cas de contrôle
Selon la mission, les agents de contrôle peuvent demander des justificatifs de rémunération, des relevés du temps de travail, des documents contractuels et sociaux, des documents médicaux exigibles ou des autorisations de travail. En intérim, la garantie financière et les documents contractuels du travail temporaire sont des pièces distinctes de l’accusé SIPSI.
Flex-interim gère les formalités administratives de la mise à disposition. Nous mettons en ligne, à disposition de l’entreprise d’accueil, les pièces justificatives de chaque intérimaire roumain : vous les retrouvez facilement au moment où l’inspection les demande.
Quelles sanctions en cas de manquement ?
Une déclaration manquante coûte cher. Les sanctions concernent l’employeur, mais aussi ceux qui auraient dû vérifier. Connaître les plafonds, c’est mesurer ce que vous risquez réellement.
Les plafonds de l’amende administrative
D’après le ministère du Travail, l’absence de déclaration préalable expose à une amende administrative prévue par l’article L. 1264-3 du Code du travail. Voici les plafonds :
- Premier manquement : jusqu’à 4 000 euros par salarié détaché.
- Réitération dans les deux ans : jusqu’à 8 000 € par salarié détaché.
- Plafond global : 500 000 € au total pour cette amende.
- Nature des montants : ce sont des maxima, pas des sommes appliquées automatiquement.
La responsabilité de chaque intervenant
Le montant finalement retenu dépend notamment de la gravité des faits, du comportement de l’auteur, de sa bonne foi, de ses ressources et de ses charges.
Le donneur d’ordre ou le maître d’ouvrage qui ne respecte pas son obligation de vigilance peut lui aussi être sanctionné. Cette vigilance inclut la désignation du représentant requis en France. Un manquement peut entraîner une amende administrative unique, calculée selon le nombre de salariés concernés.
Les effets d’une régularisation tardive
Déclarer après le début de la mission ne fait pas disparaître automatiquement le manquement initial. La déclaration devait être préalable, et ce retard reste susceptible d’être sanctionné.
En cas de manquements graves, l’administration peut aller plus loin et ordonner la suspension temporaire de la prestation, dans la limite d’un mois selon le cas. Votre chantier ou votre production peut donc s’arrêter.
Foire aux questions
Existe-t-il un délai garanti pour obtenir l’accusé de réception SIPSI ?
Non. Aucun délai général ne garantit l’examen du dossier ou la création du justificatif en un nombre précis d’heures ou de jours. Il s’agit d’une formalité déclarative, pas d’une demande d’autorisation préalable.
Faut-il remettre l’accusé de réception SIPSI à l’entreprise d’accueil avant la mission ?
Oui, quand le donneur d’ordre ou le maître d’ouvrage doit l’avoir au titre de son obligation de vigilance : il le reçoit avant le début du détachement. Vérifiez aussi que l’employeur indiqué est bien celui qui emploie et détache les intérimaires.
Comment corriger une erreur sur un salarié dans une déclaration SIPSI ?
Une erreur sur l’identité, l’emploi ou la rémunération se corrige grâce aux options de modification proposées par SIPSI. Pour les agences d’intérim, l’article R. 1263-7 du Code du travail encadre les modifications et les annulations. L’article R. 1263-5 prévoit le même mécanisme pour les autres déclarations.
L’accusé de réception SIPSI suffit-il à justifier le droit au séjour d’un salarié détaché ?
Non. La déclaration ne régularise ni le droit au séjour ni le droit au travail. Ces points s’examinent à part, selon la nationalité du salarié, son titre et sa situation.
Où conserver l’accusé de réception de la déclaration de détachement ?
Rangez-le avec la déclaration et les autres pièces utiles en cas de contrôle. Avoir le PDF enregistré ne vous dispense pas de vérifier que l’ensemble du dossier est cohérent.
