Sommaire
Combien vous coûte réellement un intérimaire ? Le coefficient de facturation en intérim fournit la réponse, à condition de savoir le lire. Formule, coefficients observés, exemples chiffrés en euros, postes couverts par la facture : chaque élément éclaire la comparaison des devis. Vous négociez alors sur le coût réel, et plus seulement sur un chiffre.
Comment calculer le coefficient de facturation en intérim ?
Le calcul repose sur un principe simple : un multiplicateur commercial s’applique à une rémunération brute de référence. Le salaire net perçu par l’intérimaire n’entre pas dans ce calcul. Trois données suffisent : le taux, le coefficient et le volume d’heures. Les articles de notre blog consacré au travail temporaire reviennent aussi sur les autres postes de coût d’une mission.

La formule du prix horaire et de la mission
Le coefficient s’obtient en divisant le prix horaire facturé par le taux horaire brut de référence. Le prix HT de la mission suit la logique inverse : taux brut × coefficient × heures facturées. Deux formules, une seule logique.
Prenons 100 heures payées 20 € brut de l’heure. Avec un coefficient fictif de 1,89, vous recevez une facture de 3 780 € HT. Ce coefficient sert d’illustration et ne représente pas une moyenne française.
L’assiette de rémunération à retenir
Quel salaire sert de base au calcul ? Selon le ministère du Travail, l’intérimaire touche la rémunération d’un salarié de même qualification occupant le même poste dans votre entreprise, primes et accessoires compris. Cette règle d’égalité fixe le point de départ de toute facturation.
L’article L1251-43 du Code du travail impose au contrat de mise à disposition de détailler les composantes de cette rémunération. Les majorations d’heures supplémentaires, de nuit ou de dimanche modifient la base facturable. Selon les modalités commerciales retenues, chaque rubrique peut recevoir un coefficient distinct, et certains éléments non soumis à cotisations un coefficient minoré.
La liberté commerciale et la TVA
La réglementation ne fixe ni coefficient légal unique, ni barème national obligatoire, ni correspondance entre niveau de salaire et coefficient. « Coefficient de vente », « coefficient multiplicateur » ou, dans certains secteurs, « coefficient de gestion » : ces termes désignent le même mécanisme commercial. Aucun coefficient de gestion national distinct n’existe dans la loi.
La TVA reste hors coefficient. Au taux normal de 20 % pour une prestation taxable en métropole, elle ajoute 756 € à la mission calculée plus haut. Le total atteint alors 4 536 € TTC. Si vous récupérez intégralement la TVA, elle ne pèse normalement pas comme un coût définitif.
Quels coefficients sont pratiqués et à quel prix ?
Chaque agence d’intérim fixe librement ses tarifs. Les fourchettes observées donnent pourtant des repères utiles pour juger un devis. Encore faut-il savoir d’où viennent ces chiffres et ce qu’ils mesurent.

Les coefficients observés selon les situations
Certaines pratiques commerciales affichent des coefficients de 2,2 à 2,6 fois le salaire brut, sans valeur de barème officiel. D’autres exemples se situent autour de 1,7 à 1,9 et montent à 2,2 ou 2,5 selon le profil ou le secteur. Dans l’intérim paramédical, la Cour des comptes relève pour une même catégorie un coefficient de 3,026 dans un établissement. Un autre applique 1,925, sans que ces cas forment une moyenne nationale.
Des exemples de prix horaires en euros
Sur une base de 15 € brut de l’heure, des coefficients de 2,0, 2,2 et 2,6 donnent respectivement 30 €, 33 € et 39 € HT de l’heure. Sur une base de 12 €, un coefficient de 1,7 aboutit à 20,40 € HT. Le même taux multiplié par 1,9 donne 22,80 € HT. Aucun de ces prix n’est réglementé.
Prenons maintenant 20 heures à 10 € brut avec un coefficient de 1,8 : le montant facturé atteint 360 €, dont 200 € de rémunération brute. Les 160 € restants ne constituent pas, loin de là, un bénéfice intégral pour l’agence.
L’effet du SMIC sur la base de calcul
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC en métropole s’élève à 12,31 € brut de l’heure, selon l’arrêté du 22 mai 2026. Il représente 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures. Le taux horaire était de 11,88 € au 1er novembre 2024, puis de 12,02 € au 1er janvier 2026 : tout exemple fondé sur ces anciens taux doit donc être daté.
L’écart pèse vite. À coefficient constant de 1,80, le passage de la base de novembre 2024 à celle de juin 2026 porte le prix de 21,38 € à 22,16 € HT de l’heure. Vous payez 0,78 € de plus par heure, soit environ 118 € HT sur 151,67 heures.
Que couvre le montant facturé au-delà du salaire ?
L’écart entre le salaire brut et la facture n’est pas une marge pure. Il finance des indemnités légales, des charges sociales et un travail de recrutement et de gestion.
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Les indemnités dues à l’intérimaire
Selon l’article L1251-32 du Code du travail, l’indemnité de fin de mission égale en principe 10 % de la rémunération totale brute lorsqu’elle est due. Elle n’est notamment pas due si un CDI est immédiatement conclu avec votre entreprise, ni dans certains autres cas de rupture prévus par le Code.
L’article L1251-19 fixe l’indemnité compensatrice de congés payés à au moins 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission incluse lorsqu’elle est due. Sur 2 000 € de salaire de base, le calcul donne :
- Salaire de base : 2 000 € brut pour la mission.
- Fin de mission : 200 €, soit 10 % du brut.
- Congés payés : 220 €, calculés sur 2 200 €.
Le total atteint ainsi 2 420 €. Additionner deux fois 10 % du salaire de base sous-estimerait donc les indemnités.
Les cotisations et leurs variations
Les charges patronales ne correspondent pas à un pourcentage fixe du salaire brut. Elles dépendent des cotisations applicables, des allègements et du taux de risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles.
Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale dégressive unique remplace l’ancien allègement général. Selon l’Urssaf, son seuil d’application passe de 3 SMIC au 1er janvier à 2,9293 SMIC à compter du 1er juin 2026.
L’Urssaf prévoit pour les intérimaires une majoration du coefficient de réduction liée aux congés payés. Le calcul se fait mission par mission en cas de mises à disposition auprès de plusieurs entreprises. La contribution CPF-CDD de 1 % ne s’applique pas aux contrats de travail temporaire.
Le recrutement, la gestion et les obligations
Le prix de mise à disposition finance aussi la recherche de candidats, la gestion administrative et la marge de l’entreprise de travail temporaire. Aucune répartition nationale fixe ne permet d’assimiler l’écart avec le salaire brut au seul bénéfice de l’agence.
Ce travail est concret. Flex-interim sélectionne et évalue les compétences des candidats, notamment pour les métiers du BTP, organise les entretiens et supervise les visites médicales d’embauche. Le contrat de mission lie ensuite l’entreprise de travail temporaire au salarié.
Sur un chantier, l’intérimaire perçoit l’indemnité d’intempéries dans le BTP dans les mêmes conditions que les salariés de l’entreprise utilisatrice travaillant sur le même chantier, selon l’article L1251-20 du Code du travail.
Comment comparer les devis et négocier le coût réel ?
Deux devis, deux coefficients : lequel est vraiment le moins cher ? Le chiffre affiché ne suffit pas. Vous gagnez en lisibilité en comparant les mêmes postes, en chiffrant la mobilité et en négociant sur le besoin réel.

Comparer les mêmes postes de facturation
Deux coefficients ne se comparent que si les devis précisent la même assiette salariale, les rubriques couvertes et celles facturées à part. Vérifiez quatre points :
- Heures et primes : reçoivent-elles le même coefficient que le salaire de base ?
- Indemnités : sont-elles incluses dans l’assiette ou facturées séparément ?
- Déplacements et hébergement : qui prend en charge le transport et le logement ?
- Équipements de protection : ces frais ne peuvent pas être mis à la charge de l’intérimaire lorsque les règles l’interdisent.
Rapportez ensuite le total HT aux heures réellement productives. Vous obtenez un coût par heure productive, utile dès que les volumes d’heures ou les frais annexes diffèrent d’une mission d’intérim à l’autre.
| Poste | Montant HT |
| Salaire brut mensuel | 2 200 € |
| Application du coefficient 1,80 | 3 960 € |
| Hébergement facturé en plus | 450 € |
| Transport facturé en plus | 250 € |
| Total de la mission | 4 660 € |
| Rapport au brut de départ | 2,12 |
Chiffrer la mobilité et l’hébergement
Pour une mobilisation depuis la Roumanie, le devis doit préciser qui finance le trajet vers la France, les déplacements locaux et l’hébergement. Identifiez aussi l’employeur juridique : une mise à disposition par une entreprise étrangère relève du cadre du détachement international. Pour les logements collectifs concernés, le ministère du Travail rappelle les droits des salariés détachés : au moins 6 m² et 15 m³ habitables par personne, avec des prescriptions d’aération et d’équipement.
Le tableau ci-dessus illustre l’enjeu. Le rapport de 2,12 obtenu une fois l’hébergement et le transport ajoutés n’est ni un coefficient légal ni une moyenne de marché.
Négocier sur le périmètre et le besoin
La rareté d’une qualification, les tensions locales de recrutement, les conditions de la mission et la prestation demandée influent sur le coefficient. La durée de mission et la régularité ou le volume de vos besoins pèsent aussi dans la négociation. Un coefficient identique ne garantit pas pour autant un prix horaire identique si les salaires de référence diffèrent.
Le vrai juge reste le coût complet. Comparez la facture HT de l’intérim au coût d’une embauche directe : salaire brut, cotisations, recrutement, suivi médical, formation, équipements, congés et gestion interne. Diviser la facture par le seul salaire brut surestime le surcoût de l’intérim.
Foire aux questions
Comment le coefficient de gestion est-il calculé en intérim ?
Le « coefficient de gestion » désigne, dans certains secteurs, le même mécanisme que le coefficient de vente ; la loi n’en fixe aucun au niveau national. Dans l’intérim paramédical étudié par la Cour des comptes, il couvre les frais de mise à disposition et la marge de l’agence. Il varie selon le professionnel, sa rareté et l’établissement demandeur.
Quel coefficient s’applique à quel niveau de salaire ?
Aucun barème national obligatoire ne relie un niveau de salaire à un coefficient. La qualification modifie la rémunération de référence et peut influer sur le coefficient. Les heures de nuit ou de week-end et les primes de productivité peuvent aussi changer le salaire horaire réellement facturable.
Les indemnités de fin de mission et de congés payés suffisent-elles à expliquer le coefficient ?
Non. Pour 2 000 € de salaire de base, elles atteignent 200 € et 220 €, soit 2 420 € au total selon l’article L1251-19 du Code du travail. Elles ne ramènent pas automatiquement le coefficient à 1,20 : cotisations, frais et autres éléments de rémunération s’y ajoutent.
Un travailleur roumain recruté par une agence d’intérim française est-il un salarié détaché ?
Non. Recruté par une entreprise de travail temporaire française puis mis à disposition en France, il relève du travail temporaire français ; sa nationalité ne suffit pas à caractériser un détachement. Établissez d’abord l’employeur juridique et le régime applicable avant de comparer deux offres.
Quelles obligations pèsent sur une agence étrangère qui détache des intérimaires en France ?
Selon le ministère du Travail, elle effectue une déclaration préalable, désigne un représentant en France et dispose d’une garantie financière couvrant rémunérations et accessoires. Le salarié doit travailler habituellement pour elle. Le formulaire A1 atteste la sécurité sociale applicable ; selon le Cleiss, ce détachement peut durer jusqu’à 24 mois.
