Sommaire
Recruter un salarié étranger hors Union européenne impose une procédure précise : autorisation de travail, documents obligatoires, délais et taxe employeur. Voici comment structurer chaque étape sans mauvaise surprise.
Demande d’autorisation de travail pour salariés étrangers
Recruter un étranger hors Union européenne suppose une procédure précise. Depuis avril 2021, la demande d’autorisation de travail se fait sur le portail ANEF. Pour l’employeur, tout se joue dans la qualité du dossier, le respect des conditions et le bon séquencement de la démarche.

Travailleurs étrangers soumis à autorisation de travail et cas d’exemption
Le recrutement d’un étranger ne suit pas une logique unique. Avant de saisir une demande d’autorisation de travail pour embaucher un étranger résidant en France, l’employeur doit vérifier le statut du salarié, la mention portée sur sa carte de séjour et le type de contrat de travail envisagé.
- Contrats concernés : CDI, CDD et emploi saisonnier. Chaque nouveau contrat de travail peut imposer une demande distincte pour les titulaires d’un titre salarié, d’un titre travailleur temporaire ou d’un titre saisonnier.
- Étudiants étrangers : une autorisation de travail est requise si l’activité dépasse 964 heures par an, soit 60 % de la durée légale.
- Demandeurs d’asile : la demande d’autorisation peut être déposée après 6 mois sans réponse de l’OFPRA, avec l’attestation correspondante.
- Exemptions : les ressortissants UE/EEE/Suisse, les titulaires d’une carte de résident, d’un titre de séjour portant certaines mentions comme vie privée et familiale ou talent, ainsi que les bénéficiaires d’une protection internationale, ne sont pas des travailleurs étrangers soumis à autorisation de travail.
Un titre travailleur, un titre travailleur temporaire, un titre salarié ou un titre saisonnier n’ouvrent pas les mêmes droits. Avant toute démarche, vérifiez toujours la mention exacte inscrite sur la carte de séjour. Vous évitez ainsi un rejet, un retard ou une demande inadaptée.
La demande en ligne sur ANEF et la carte de séjour à contrôler
La demande d’autorisation de travail pour un salarié étranger, documents et procédure, se réalise sur le portail ANEF, avec identification de l’employeur par numéro SIRET. Cette démarche est entièrement dématérialisée sur le portail ANEF depuis avril 2021. Elle suit généralement quatre temps : identification de l’entreprise, qualification du besoin de travail, identification du salarié, puis description du poste.
Vous souhaitez obtenir une autorisation de travail sans blocage ? Notre partenaire demande autorisation travail vous accompagne pour structurer la procédure, déposer une demande d’autorisation complète et sécuriser chaque étape du portail.
Documents obligatoires pour la demande d’autorisation de travail
Pour recruter un étranger, vous devez réunir des documents cohérents, à jour et adaptés au statut du salarié.
Pour les autorisation travail étranger, le contrat de travail doit être rédigé en français, mentionner le poste, la durée du travail et une rémunération au moins égale au SMIC. Une promesse d’embauche peut être admise si elle reprend clairement ces éléments.
- Pièce d’identité et séjour : copie du passeport en cours de validité, visa le cas échéant, et justificatif de la carte de séjour.
- Contrat de travail ou promesse d’embauche : poste, durée, rémunération, conditions d’emploi.
- Attestation URSSAF : datée de moins de 6 mois, pour attester de la situation régulière de l’employeur.
- Justificatif de recherche préalable : preuve de publication sur France Travail pendant 3 semaines minimum, sauf dispense applicable.
Avant l’embauche, la préfecture doit aussi être sollicitée pour vérifier l’authenticité du titre présenté. Cette vérification s’effectue au moins 2 jours ouvrables avant la prise de poste. Sans réponse dans ce délai, la vérification est réputée accomplie. Conservez la preuve dans le dossier : en cas de contrôle, elle compte.
Vous voulez fiabiliser votre démarche administrative de bout en bout ? Retrouvez l’ensemble des formalités salariés étrangers sur notre portail dédié.
Taxe employeur, délais et risques en cas de manquement
La taxe employeur autorisation de travail s’applique lorsque le recrutement concerne un premier titre professionnel pour un salarié résidant hors de France. Le montant de la taxe employeur autorisation de travail varie selon la durée du contrat de travail et le niveau de rémunération. Depuis 2023, cette taxe est gérée par la DGFiP. Elle reste à la charge exclusive de l’employeur.
Voici le barème à anticiper dans votre budget RH :
| Type de contrat | Montant de la taxe employeur |
| CDI ou CDD ≥ 12 mois | 55 % du salaire mensuel brut (plafonné à 55 % de 2,5 SMIC) |
| CDD 3-12 mois (salaire = SMIC) | 74 € |
| CDD 3-12 mois (entre SMIC et 1,5 SMIC) | 210 € |
| CDD 3-12 mois (au-delà de 1,5 SMIC) | 300 € |
| Contrat saisonnier | 50 € par mois travaillé |
| Ressortissants UE/EEE/Suisse | Exonération totale |
Sur le terrain, l’anticipation fait la différence. Une demande déposée jusqu’à 3 mois avant la prise de poste permet de mieux piloter les délais, de compléter les documents si nécessaire et de sécuriser la procédure. Vous gagnez en visibilité, vous réduisez les allers-retours, vous protégez votre planning de recrutement.
Le risque, lui, est très concret : recruter un salarié étranger sans autorisation de travail expose à 5 ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende par salarié, voire 75 000 € pour une personne morale. Vous avez donc intérêt à structurer la démarche, à saisir correctement les informations sur le portail, à conserver chaque document et à tracer la vérification faite auprès de la préfecture.
En pratique, pour recruter un salarié étranger, trois réflexes s’imposent : vérifier le titre de séjour, déposer une demande d’autorisation de travail complète, puis suivre l’avancement de la demande déposée en ligne. Vous sécurisez chaque recrutement, qu’il s’agisse d’un salarié, d’un travailleur temporaire ou d’un profil saisonnier.
Pour compléter votre veille réglementaire, vous pouvez consulter les indications publiées par la autorisation travail DIRECCTE.
Foire aux questions
Comment demander une autorisation de travail pour recruter un salarié étranger ?
Pour obtenir cette autorisation, l’employeur doit effectuer la démarche uniquement en ligne, sur le portail ANEF, à l’aide du formulaire Cerfa n°15186*02 et de son numéro SIRET. Cette procédure de recrutement d’un salarié étranger suit une logique claire en 4 temps : identifier l’entreprise, qualifier le besoin, saisir les informations du salarié, puis détailler le poste et le contrat de travail.
Nous vous recommandons d’anticiper. La demande doit être déposée au moins 3 mois avant la prise de poste, car le délai observé varie souvent de 2 à 3 mois selon la préfecture. Une fois la démarche lancée, l’employeur reçoit une confirmation par email. Activer les alertes du portail permet de suivre le dossier en temps réel et d’anticiper toute demande de complément.
Quels documents sont obligatoires pour constituer le dossier de demande d’autorisation de travail ?
Pour recruter un salarié étranger dans un cadre conforme, certains documents sont indispensables. Le dossier doit comprendre la copie du passeport en cours de validité, le justificatif de carte de séjour ou de visa, le contrat de travail ou la promesse d’embauche, avec une rémunération au moins égale au SMIC, ainsi qu’une attestation URSSAF de moins de 6 mois.
Il faut aussi ajouter la preuve de publication de l’offre d’emploi pendant 3 semaines sur France Travail, sauf exception, notamment pour les métiers en tension. Pour les professions réglementées, les justificatifs de reconnaissance de diplômes sont exigés. Si des pièces manquent, l’administration peut demander des compléments et vous disposez alors de 30 jours pour répondre. Sans retour dans ce délai, le dossier est clôturé.
Quel est le délai pour obtenir une autorisation de travail, et quelles sanctions en cas de non-respect ?
Pour obtenir une autorisation de travail, comptez en principe 2 mois d’instruction pour un dossier complet. En pratique, le délai peut s’étendre à 2 ou 3 mois selon les services concernés.
Le risque est très concret. En cas de recrutement d’un salarié étranger sans autorisation de travail valide, les sanctions peuvent aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende par salarié pour une personne physique, 75 000 € pour une personne morale, ainsi qu’une contribution administrative pouvant atteindre 15 000 fois le SMIC horaire. Vous évitez ces blocages avec une procédure rigoureuse, des démarches dématérialisées bien suivies et un contrôle attentif de chaque demande d’autorisation auprès de la préfecture.
