Sommaire
- Demande d’autorisation de travail en ligne
- Autorisation de travail selon le titre de séjour
- Justificatifs et obligations de l’employeur
- Foire aux questions
Recruter un salarié étranger en France implique des formalités précises que tout employeur doit maîtriser avant de signer le moindre contrat. Cet article vous guide à travers la déclaration d’un travailleur étranger en France : quelles autorisations obtenir, quels documents rassembler et comment sécuriser chaque étape, de la demande en ligne jusqu’à la prise de poste. Vous gagnez en clarté et vous évitez les sanctions.
Demande d’autorisation de travail en ligne
Depuis le 6 avril 2021, toute demande d’autorisation de travail pour un ressortissant étranger s’effectue exclusivement sur le portail ANEF-Immipro, sans déplacement en préfecture.

Qui doit demander une autorisation
C’est l’employeur qui porte la responsabilité de la demande, pas le candidat. Vous devez agir avant la prise de poste, avec un dossier complet et conforme. Anticipez : le délai d’instruction est de deux à trois mois selon la préfecture concernée.
- Recrutement depuis l’étranger : la demande aboutit à l’obtention d’un visa que le futur salarié utilisera pour entrer légalement en France et débuter sa mission.
- Changement de statut en France : lorsqu’un étranger déjà présent souhaite basculer vers un statut salarié, c’est l’employeur qui initie la demande de régularisation sur ANEF.
- Renouvellement de contrat : tout nouveau contrat avec un titulaire d’un titre « salarié » ou « travailleur temporaire » nécessite une nouvelle demande d’autorisation adaptée au poste et à la durée prévus.
La demande peut porter sur un CDI, un CDD, un emploi saisonnier ou une situation d’étudiant souhaitant travailler au-delà de son quota autorisé. Pour la procédure de déclaration de travailleur étranger en France, le service public détaille précisément les cas de dispense selon le titre de séjour détenu, une lecture indispensable avant de déposer votre dossier.
Déclaration d’un salarié étranger en France
Déclarer un salarié étranger ne se limite pas à l’autorisation de travail : plusieurs obligations parallèles s’imposent à l’employeur. La Déclaration Préalable à l’Embauche doit être transmise à l’URSSAF au plus tard huit jours avant l’arrivée du salarié, en parallèle du dossier ANEF. Par ailleurs, les employeurs qui gèrent des profils en mobilité internationale peuvent utiliser le service télédéclaration de l’URSSAF mobilité internationale pour simplifier leurs obligations déclaratives transfrontalières et sécuriser la couverture sociale du salarié.
Vous devez donc piloter simultanément l’instruction ANEF, la DPAE et les vérifications préfectorales. Un calendrier rigoureux s’impose : déposez le dossier ANEF au moins trois mois avant la date de prise de poste prévue, puis enclenchez les formalités sociales dès que l’autorisation est en cours d’instruction. La réactivité de votre organisation conditionne directement la fluidité de l’embauche.
Étapes de la demande sur ANEF
Le parcours ANEF est structuré en quatre étapes séquentielles que l’employeur complète en ligne, pièces justificatives à l’appui. Téléchargez systématiquement la confirmation de dépôt à la fin du processus, ce document fait foi en cas de litige ou de demande de complément de la part de l’administration. Pour aller plus loin, le guide du contrat de travail d’un travailleur étranger détaille chaque mention obligatoire du contrat associé à la demande.
- Identification de l’entreprise : renseignez les données de votre établissement, raison sociale, SIRET, extrait KBIS à jour, pour authentifier votre qualité d’employeur auprès de la DGEF.
- Nature du recrutement : précisez le type de contrat envisagé (CDI, CDD, emploi saisonnier) et indiquez si le poste relève d’un métier en tension ouvrant droit à une dispense de publication.
- Identification du salarié et caractéristiques du poste : renseignez l’identité complète du candidat, les conditions précises de l’emploi, la rémunération brute mensuelle et téléversez l’ensemble des pièces requises avant de valider le dépôt.
Si des documents sont manquants, l’administration vous adresse une demande de complément par courriel : vous disposez alors de trente jours pour répondre, faute de quoi le dossier est automatiquement clôturé sans possibilité de reprise. Une fois l’autorisation validée, elle est délivrée sous forme dématérialisée. Le salarié l’utilise ensuite pour obtenir son titre de séjour s’il est en France, ou pour solliciter un visa auprès du consulat compétent s’il réside encore à l’étranger.
Autorisation de travail selon le titre de séjour
Tous les étrangers ne sont pas soumis aux mêmes obligations : le titre de séjour détenu détermine directement si une autorisation de travail est nécessaire, partielle ou totalement inutile.

Titres de séjour autorisant l’emploi
Certains titres ouvrent un accès direct à l’emploi salarié sans qu’aucune autorisation complémentaire soit requise. Dès que vous avez vérifié la validité du document, vous pouvez procéder à l’embauche et déclarer un salarié étranger à l’URSSAF selon les modalités habituelles, sans attendre une réponse d’une autorité supplémentaire. Ces profils simplifient le processus de recrutement et réduisent vos délais opérationnels.
- Carte de résident (10 ans) : autorisation de travailler en France valable sans restriction de poste ni de secteur, renouvelable de plein droit sous conditions de résidence régulière.
- Carte « talent » et carte « vie privée et familiale » : ces titres de séjour professionnel valent autorisation de travail directe, sans demande supplémentaire auprès de la préfecture ou de l’ANEF.
- Protection internationale : les réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire accèdent immédiatement à l’emploi ; les bénéficiaires d’une protection temporaire Ukraine disposent également d’une dispense d’autorisation de travail spécifique.
À l’inverse, les titulaires d’un titre « salarié », « travailleur temporaire » ou « saisonnier » doivent obtenir une autorisation adaptée pour chaque nouveau contrat. La carte ou le VLS-TS « visiteur » interdit toute activité professionnelle salariée, et aucune demande d’autorisation ne peut régulariser cette situation. Vérifiez systématiquement la nature exacte du titre présenté avant d’aller plus loin dans votre processus d’embauche.
Travail détaché et mobilité européenne
Les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse peuvent travailler librement en France sans autorisation ni formalité liée au séjour. Cet avantage décisif accélère le recrutement de profils qualifiés. Dans le secteur de la construction et du BTP notamment, la déclaration des heures en intérim via la CIBTP reste obligatoire pour les travailleurs détachés soumis aux conventions collectives françaises, indépendamment de leur nationalité européenne.
Un ressortissant d’un pays tiers mis à disposition par un employeur établi dans l’UE, l’EEE ou en Suisse peut bénéficier d’une dispense d’autorisation, à condition de détenir un titre européen l’autorisant à travailler et que toutes les conditions du détachement transnational soient respectées. Les employeurs roumains qui détachent des salariés en France relèvent de ce cadre et doivent respecter les obligations déclaratives propres au détachement. La vigilance sur la conformité des titres présentés reste entière, quelle que soit l’origine communautaire de l’entreprise mandataire.
Cas de travail sans autorisation
Plusieurs situations légales permettent d’embaucher un étranger sans déclencher de procédure d’autorisation de travail. Ces dispenses sont strictement encadrées : elles s’appliquent à des profils spécifiques ou à des missions de courte durée dans des secteurs définis. Identifier précisément ces dispenses vous permet d’agir vite, sans risquer de vous retrouver hors cadre légal.
Les missions salariées inférieures ou égales à trois mois bénéficient d’une dispense dans des domaines limitativement prévus.
- Événements culturels, sportifs ou scientifiques : manifestations ponctuelles, colloques, salons professionnels et séminaires peuvent accueillir des intervenants étrangers sans autorisation de travail préalable.
- Missions d’expertise et d’audit : prestations en informatique, finance, gestion, ingénierie ou architecture d’une durée inférieure à trois mois entrent dans le champ de la dispense.
- Étudiants étrangers : hors ressortissants algériens, ils peuvent travailler jusqu’à 964 heures par année civile sans demander d’autorisation complémentaire liée à leur titre de séjour étudiant.
Les étudiants algériens relèvent d’un régime distinct : le volume est limité à 50 % du temps autorisé, et l’employeur doit obtenir une autorisation provisoire de travail. Les demandeurs d’asile, quant à eux, ne peuvent faire l’objet d’une demande qu’après six mois sans réponse de l’Ofpra.
Justificatifs et obligations de l’employeur
Constituer un dossier solide est la condition d’une instruction rapide et favorable. Chaque pièce manquante ouvre une fenêtre de trente jours pour compléter le dossier, mais expose surtout à des retards qui décalent la prise de poste. Nous vous recommandons d’anticiper la liste complète des pièces justificatives dès le début de la démarche, bien avant la date cible d’entrée en fonction du futur salarié étranger en France.

Documents pour l’autorisation de travail
L’employeur qui souhaite déclarer un travail effectué à l’étranger ou introduire un salarié depuis l’étranger doit constituer un dossier précis, dont chaque pièce est vérifiée par l’administration. Le passeport en cours de validité du candidat constitue la pièce d’identité de référence ; il est complété par le titre de séjour ou le visa existant lorsque le salarié en possède déjà un. L’attestation de vigilance URSSAF de moins de six mois atteste de la régularité sociale de l’entreprise qui recrute.
- Contrat de travail ou promesse d’embauche : le document doit mentionner une rémunération au moins égale au SMIC, la fonction précise, la durée et le lieu de travail, avec référence à la convention collective applicable.
- Preuve de publication de l’offre : sauf dispense liée aux métiers en tension, l’offre doit avoir été publiée pendant trois semaines auprès de France Travail ou de l’Apec, et le dossier doit attester sa clôture ainsi que l’absence de candidature valable.
- Diplôme professionnel : pour les professions réglementées, le justificatif du titre ou de la qualification requis pour exercer l’activité est obligatoire et doit être joint au dossier ANEF.
Certains profils bénéficient d’une dispense de l’obligation de publication préalable : les postes relevant des métiers en tension dans la région concernée et les jeunes diplômés titulaires d’un master, ou diplôme équivalent, recrutés dans un emploi lié à leur formation avec une rémunération d’au moins 2 800,53 € bruts mensuels. Ces conditions cumulatives ouvrent un accès prioritaire à l’instruction du dossier et réduisent significativement votre délai d’attente. Vérifiez l’éligibilité de votre candidat avant de constituer le dossier.
Conditions d’emploi et de durée
La rémunération proposée doit être au moins égale au SMIC ou au minimum conventionnel applicable lorsque celui-ci est plus élevé : c’est une condition impérative pour que l’autorisation soit accordée. L’autorisation délivrée est valable pour la durée indiquée dans le contrat : un CDD ouvre droit à un titre « travailleur temporaire » de douze mois maximum renouvelables, tandis qu’un CDI ouvre droit à une carte « titre de séjour salarié » d’un an la première année, puis pluriannuelle. Tout changement d’employeur ou de contrat impose une nouvelle demande d’autorisation de travail.
L’autorisation peut également être limitée géographiquement : une autorisation délivrée pour un département ou une région d’outre-mer n’est valable que sur ce territoire, et une autorisation pour la France métropolitaine n’autorise pas à travailler dans les territoires ultramarins. Cette contrainte géographique doit être anticipée lorsque le poste implique une mobilité entre plusieurs zones. À l’expiration d’une carte pluriannuelle, le salarié conserve ses droits sociaux pendant trois mois, à condition que le renouvellement ait été engagé dans les délais.
| Type de contrat | Titre de séjour associé | Durée maximale | Renouvellement |
| CDI | Carte « salarié » | 1 an (puis pluriannuelle 4 ans) | Oui, par l’employeur |
| CDD | Titre temporaire « travailleur temporaire » | 12 mois renouvelables | Oui, nouvelle demande requise |
| Emploi saisonnier | Titre « travailleur saisonnier » | 6 mois par an | Oui, nouvelle demande requise |
| Étudiant (hors Algérie) | Titre étudiant existant | 964 heures/an | Sans autorisation complémentaire |
Déclarer le travail pour un salarié étranger
L’obligation de vérification préalable est distincte de l’autorisation de travail, et tout aussi impérative. Avant d’embaucher un salarié étranger en France, l’employeur doit saisir la préfecture du lieu d’embauche au moins deux jours ouvrables avant la prise de poste pour faire contrôler l’authenticité du titre présenté. Si la préfecture ne répond pas dans ce délai, la vérification est réputée accomplie, à condition de conserver une preuve écrite de la demande envoyée.
- Authenticité du titre : vérifiez que le document original correspond physiquement à la personne recrutée et que sa durée de validité couvre la période d’emploi envisagée.
- Adéquation poste-titre : l’autorisation doit couvrir la fonction précise, la zone géographique et la durée du contrat ; toute discordance expose à une sanction administrative de 1 500 € par salarié.
- DPAE à l’URSSAF : la Déclaration Préalable à l’Embauche doit être transmise au plus tard huit jours avant l’arrivée du salarié, indépendamment de l’avancement de la procédure d’autorisation de travail.
- Conservation des preuves : conservez systématiquement la copie du titre présenté, la preuve de demande de vérification à la préfecture, ainsi que la réponse reçue ou le constat d’absence de réponse dans les délais légaux.
En cas de faux titre de séjour présenté par le salarié, l’employeur ne peut pas être condamné pénalement s’il a réalisé la vérification préalable dans les délais légaux et peut en apporter la preuve documentaire. À l’inverse, recruter sans autorisation valable expose à cinq ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende par salarié pour une personne physique. Une personne morale peut quant à elle être condamnée jusqu’à 75 000 € par infraction, sans compter les contributions spéciales qui peuvent atteindre 15 000 fois le SMIC horaire par salarié concerné.
La rigueur documentaire n’est pas une contrainte bureaucratique : c’est votre meilleure protection. Un dossier bien constitué, des délais respectés et des preuves conservées vous permettent de recruter des talents étrangers en toute sécurité juridique. La démarche est exigeante, mais entièrement pilotable, à condition de l’anticiper avec méthode et de vous entourer des bons partenaires dès le lancement du recrutement.
Foire aux questions
Quels salariés étrangers sont soumis à une autorisation de travail ?
Tout ressortissant étranger ne disposant pas d’un visa ou d’un titre de séjour autorisant déjà l’activité salariée en France doit faire l’objet d’une demande d’autorisation de travail déposée par l’employeur. Sont notamment concernés les titulaires d’un titre « salarié », d’un titre « travailleur temporaire » ou d’un VLS-TS lors de chaque nouveau contrat. Sont en revanche dispensés les citoyens de l’UE, les titulaires d’une carte de résident, d’une carte « talent », d’une carte « vie privée et familiale », ainsi que les bénéficiaires d’une protection internationale.
Quelles sont les conditions pour obtenir une autorisation de travail en France ?
L’autorisation de travail est accordée si plusieurs conditions sont remplies simultanément : la rémunération proposée est au moins égale au SMIC ou au minimum conventionnel applicable ; le poste figure sur la liste des métiers en tension ou l’offre a été publiée trois semaines sur France Travail sans candidature valable ; le contrat de travail mentionne toutes les mentions obligatoires. Pour les diplômés de niveau master recrutés dans un emploi lié à leur formation avec une rémunération d’au moins 2 800,53 € bruts mensuels, la publication préalable est dispensée.
À quoi sert le formulaire Cerfa 15186*03 ?
Le formulaire Cerfa 15186*03 est requis lorsqu’un étranger déjà présent en France souhaite obtenir une autorisation de travail alors qu’il ne détient pas de titre de séjour l’y autorisant. Il accompagne le recto-verso du titre de séjour en cours de validité lors du dépôt du dossier sur le portail ANEF. Ce formulaire formalise la demande de changement de statut professionnel et permet à l’administration de traiter le dossier dans le cadre d’une régularisation ou d’un premier accès à l’emploi salarié en France.
Comment déclarer un salarié étranger à l’URSSAF ?
La déclaration s’effectue via la Déclaration Préalable à l’Embauche, transmise à l’URSSAF au plus tard huit jours avant la date d’entrée en fonction du salarié. Cette obligation est indépendante de la procédure d’autorisation de travail menée sur l’ANEF : les deux démarches sont parallèles et leurs délais ne se substituent pas l’un à l’autre. En cas de mobilité internationale, le service télédéclaration de l’URSSAF mobilité internationale facilite la gestion des situations transfrontalières et sécurise la couverture sociale du travailleur détaché ou nouvellement recruté.
Que risque un employeur qui embauche un étranger sans autorisation de travail valide ?
Les sanctions sont sévères et cumulatives. Une personne physique encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende par salarié en situation irrégulière ; une personne morale peut être condamnée jusqu’à 75 000 € par infraction. S’ajoutent des contributions spéciales pouvant atteindre 15 000 fois le SMIC horaire par salarié concerné, ainsi qu’une contribution de réacheminement jusqu’à 2 553 € si l’éloignement du salarié est mis à la charge de l’entreprise. Exercer en dehors du cadre prévu par le titre, pour un mauvais poste ou dans une mauvaise zone géographique, expose à 1 500 € d’amende par salarié.
